Ou la demy-portion
l'an demyl
le demy-litre
le demy-tour
le demy-sel
le demy-frère
la demy-soeur
la demy-heure,
Bref, Jacques qui ne fait rien dans la
demy-mesure puisqu'il est Demy.
C'est donc un Demy.
Jacques Demy, vous l'avez compris.
Il sagit d'un texte, oh, combien
splendide, retrouvé dans mes affaires.
C'est du Demy, le voici :
Pourquoi
je filme ?
Parce
que j'aime ça
Parce
que ça bouge
Parce
que ça vit
Parce
que ça pleure
Parce
que ça rit
Parce
qu'au ciné
On
est dans le noir
On
est au chaud
Entre
un mec qui vous fait du genou
Et
une nana qui enlève le sien
Devant
un con qui parle trop fort
Derrière
un génie aux cheveux ébouriffés
Qui
vous empêche de lire les sous-titres
Parce
que ça danse
Parce
que ça chante
Alors
je plane
Parce
que c'est beau
Parce
que filmer c'est comme une femme
C'est
comme un homme
Ça
peut faire mal
Ça
vous écorche
C'est
parfois moche
Mais
c'est bien quand même
Parce
que ça zoom
Parce
que ça travelling
Parce
que ça silence et moteur et coupez
Parce
qu'on rêve
A
vingt-quatre images secondes
Et
que par conséquent ça fonce dans la nuit
A
quatre-vingt-six mille quatre cents images à l'heure
Et
que le TGV en crève de jalousie
Parce
que c'est blanc
Parce
que c'est noir et bien d'autres choses encore
Parce
que j'aime ça
Et
parce que je ne sais rien faire d'autre.
Jacques
Demy