mercredi 23 avril 2014

L'instant cinématographique avec Jacques






Ou la demy-portion
l'an demyl
le demy-litre
le demy-tour
le demy-sel
le demy-frère
la demy-soeur
la demy-heure,

Bref, Jacques qui ne fait rien dans la demy-mesure puisqu'il est Demy.
C'est donc un Demy.
Jacques Demy, vous l'avez compris.

Il sagit d'un texte, oh, combien splendide, retrouvé dans mes affaires.
C'est du Demy, le voici :


Pourquoi je filme ?

Parce que j'aime ça
Parce que ça bouge
Parce que ça vit
Parce que ça pleure
Parce que ça rit
Parce qu'au ciné
On est dans le noir
On est au chaud
Entre un mec qui vous fait du genou
Et une nana qui enlève le sien
Devant un con qui parle trop fort
Derrière un génie aux cheveux ébouriffés
Qui vous empêche de lire les sous-titres
Parce que ça danse
Parce que ça chante
Alors je plane
Parce que c'est beau
Parce que filmer c'est comme une femme
C'est comme un homme
Ça peut faire mal
Ça vous écorche
C'est parfois moche
Mais c'est bien quand même
Parce que ça zoom
Parce que ça travelling
Parce que ça silence et moteur et coupez
Parce qu'on rêve
A vingt-quatre images secondes
Et que par conséquent ça fonce dans la nuit
A quatre-vingt-six mille quatre cents images à l'heure
Et que le TGV en crève de jalousie
Parce que c'est blanc
Parce que c'est noir et bien d'autres choses encore
Parce que j'aime ça
Et parce que je ne sais rien faire d'autre.

Jacques Demy